Herita Ilunga diagnostique la CAN U-23

Herita Ilunga

Membre de la Commission technique de la CAN U-23, l’ancien arrière gauche de la RD Congo a promené son regard critique sur la compétition qui a eu lieu au Caire du 8 au 22 novembre.

Les premières impressions sur le tournoi ?

Un beau tableau avec de grosses écuries mais on peut regretter l’absence du Maroc qui a mis beaucoup de moyens humains et matériels pour la qualification à cette compétition, le Sénégal qui a l’habitude ces dernières années d’être présent dans les compétitions de jeunes. Au niveau de la compétition proprement dite, il y a eu des déceptions, le Mali qui est passé à côté de son sujet. Un autre grand pays au niveau des U23, le Nigeria arrêté au premier tour, le Cameroun aussi. Mais sur l’ensemble, ce sont les autres qui travaillent bien et les qualifications aux Jeux olympiques des Pharaons, des Eléphants et des Bafana Bafana ne sont pas usurpées. L ’Egypte a été solide, régulière depuis le début de la compétition. L’Afrique du Sud a fait la meilleure impression sur le plan collectif et l’organisation, la Côte d’Ivoire solide et efficace. Le Ghana a de la qualité mais s’est présenté comme une équipe à réactions.

Les grandes tendances dans la compétition ?

La compétition a montré plus de qualités collectives qu’individuelles. Nous avons eu l’impression qu’on calque tout sur l’expression collective qui tue les initiatives individuelles, la prise de risques. Nous avons eu du mal à voir les talents individuels s’exprimer genre Jay-Jay Okocha du Nigeria, du Guinéen Pascal Feindouno, du Sénégalais El Hadj Diouf… Nous devons refuser de calquer les autres.

Des stars dans cette compétition ?

Oui, il y a des joueurs qui sont très proches de leur sélection A. L’Afrique du Sud et l’Egypte ont montré de telles qualités sur le plan collectif que je vois certains éléments intégrer leurs équipes nationales dans un avenir proche.

L’expertise locale en force en U-23 ?

Ces sélections étant constituées de joueurs Espoirs, la logique, à mon avis, voudrait que les coaches de ces équipes soient intégrés dans les sélections A. Il doit y avoir un système de vases communicants pour faciliter l’intégration dans les sélections A.

Des recommandations ?

Cette compétition gagnerait en qualité si elle est organisée en une période FIFA pour que les sélections puissent disposer de tous leurs éléments. Nous avons l’impression que ce ne sont pas nos meilleurs joueurs à ce niveau d’âge qui ont été présents à cette édition. Des Fédérations ont fait des efforts comme celle de l’Afrique du Sud. En définitive, l’Egypte, la Côte d’Ivoire et l’Afrique du Sud qui seront présentes aux Jeux olympiques, sont obligées de faire appel à leurs meilleurs éléments parce qu’à Tokyo, nos représentants feront face à ce qui se fera de meilleur.